Chercher le point d’équilibre... Poser un élément sur un autre et ... rechercher le point d’équilibre. Déplacer l’objet du dessus tout en le conservant au contact de son support et ressentir, sans se soucier de l’ésthétique, le moment où les deux surfaces s’épousent...
Prendre du recul, observer de quelle façon ce nouvel ensemble s’intègre à son environnement proche, puis plus large. Reculer encore, faire le tour, chercher d’autres angles.
Perdre ses repères, oublier ce que l’on sait... réapprendre.
Ressentir les formes pour envisager celles qu’elles appellent. Ne plus voir ce que l’on vient de faire, le retrouver, lui donner un écho un peu plus loin, à l’aide d’autres assemblages. Ressentir le rythme du moment se situer dans ce nouvel ensemble, saisir la matière dans sa densité, dans ses couleurs.
Tiens, rajouter une couleur, coquille, algue, déchet marin, ... respirer.
Respirer paisiblement, concentré sans effort, absorbé, trouver des visages, découvrir des scènes puis... s’endormir.
Voici une partie du voyage initiatique que j’ai réalisé avec Karen Raccah. Il faisait un temps de circonstance pour un mois d’octobre. Pas froid, mais rayé de pluies éparses et de coups de vents.
Nous avons débarqué à quelques-uns sur une presqu’île du littoral. Un paysage riche en formes, matières, éléments et lumières.
Après une prise en considération de l’espace, chacun s’est approprié pendant quelques heures une partie de ce que la mer allait bientôt recouvrir...pendant quelques heures.
Après les travaux d’extérieur, les réalisations d’intérieur. Après une pause alimentaire régénérante (là aussi Karen a quelques cordes à son arculinaire), nous nous sommes retrouvés à l’abri des éléments naturels pour rematérialiser nos créations et expériences du matin dans un carnet de route, objet tactile de carton, papier, corde, calque...
Collages, peinturages, dessinages, découpages, assemblages... il y avait pas loin de nous une caisse de matériel et d’accessoires pour garnir le carnet de quelques effets ramenés de la plage de photos, de textes, traits de crayon de couleur et petits coups de peinture.
Bien sûr, l’expérience se passe de façon similaire en forêt ou dans tout autre environnement que Karen peut juger propice à l’expression personnelle et collective. Si elle vit à Arradon, son terrain de jeux s’appelle la Bretagne.




Karen Raccah, artiste plasticienne














