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"From here to ear", une ode à la musique et à la nature

Estuaire 2007-2009-2011
Par Bea

Estuaire se présente comme une aventure artistique en trois éditions, trois volets : 2007, 2009 et 2011. Certaines de ses oeuvres sont amenées à devenir pérennes ; d’autres sont éphémères, comme cette fabuleuse installation à Nantes, place du Bouffay : "From here to ear". L’oeuvre était visible jusqu’au 16 août 2009. Mais on l’a tellement aimé qu’on en laisse une trace de vie sur bzhexplorer...

La place du Bouffay, autrefois haut lieu de la vie médiévale nantaise, est devenue cet été un poumon d’oxygène et une niche écologique pour quarante oiseaux mandarins. C’est Céleste Boursier-Mougenot, musicien né au début des années 1960, qui a conçu cette oeuvre unique en son genre. Son oeuvre ? Un aménagement urbain étonnant redonnant un espace naturel aux oiseaux en plein de coeur de Nantes. Il a ainsi installé une volière place du Bouffay, un vaste cube bardé de bois noir et de filets.

On y entrait à 15 personnes maxi, histoire de ne pas effrayer les oiseaux... et surtout de pouvoir les entendre. Car nous rencontrions ici des oiseaux musiciens, et non simples chanteurs comme dans leur milieu naturel.

Dans la volière, cinq guitares électriques attendaient que les volatiles veuillent bien y poser leurs pattes ou leur bec, histoire de jouer quelques notes de façon aléatoire. Et nous, spectateurs ébahis devant un tel spectacle, tournions la tête de gauche à droite, au fil des sonorités qui se dégagaient de telle ou telle guitare. Des guitares, donc, en guise de perchoirs. Et des étuis d’instruments en guise de mangeoires. Tout un programme empreint de poésie et d’observation.

Un conseil : mieux valait y aller le matin, moment où les oiseaux sont le plus expressifs et joueurs.

Quant à ceux qui se poseraient des questions sur les conséquences biologiques sur les mandarins, soyez rassurés. Ils étaient tellement bien qu’ils se fabriquaient des nids comme à l’état sauvage, dans les armatures de la volière... et se reproduisaient. Une fois sortis de leur coquille, les oisillons étaient transportés au calme dans un lieu extérieur, loin du public.

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